Comptasse
v1.4.7

La partie double

Le principe fondamental de la comptabilité moderne

Le principe de la partie double

La vie d'une organisation est faite d'opérations économiques : achats, ventes, encaissements, paiements, etc. Une opération est un événement qui modifie la situation financière de l'organisation. Cette opération peut autant traduire un flux réel d'argent (ex : paiement d'une facture) qu'un flux virtuel à venir, comme la reconnaissance d'une créance ou d'une dette (ex : émission d'une facture).

Le principe de la partie double est le fondement de toute comptabilité moderne, codifié par Luca Pacioli en 1494.[1] Il repose sur une idée simple : chaque opération de l'organisation est un flux qui a une origine et une destination . Origine et destination sont par définition d'un même montant : le flux est équilibré. La comptabilité garantit ainsi que chaque mouvement (argent, matériaux, service, etc.) est correctement enregistré et équilibré.[2]

Concrètement, chaque opération de l'organisation est notée dans ce qu'on appelle un journal, sous la forme d'une écriture. Une écriture comporte au moins deux lignes. Chaque ligne fait correspondre ce qu'on appelle un compte, à un montant, soit au débit, soit au crédit. Peu importe le nombre de lignes, la somme des montants débités doit toujours être égale à la somme des montants crédités. C'est ce qui garantit l'équilibre permanent de la comptabilité.[3]

Exemple

Voici deux écritures extraites du journal, correspondant à deux opérations de l'organisation :

Achat en espèces de fournitures de bureau pour la somme de 100,00€.

DateCompteLibelléDébitCrédit
15/016064 - Fournitures administrativesAchat fournitures bureau100,00€-
15/01530 - CaisseAchat fournitures bureau-100,00€

Vente d'une prestation de service pour 1500,00€ : le client paie 500,00€ par virement, le reste est dû à 30 jours.

DateCompteLibelléDébitCrédit
22/01512 - BanqueVente prestation - part encaissée500,00€-
22/01411 - ClientsVente prestation - part à recevoir1000,00€-
22/01706 - Prestations de servicesVente prestation-1500,00€

Pour chaque écriture, on a bien le total des débits qui est égal au total des crédits.

Information
Grâce à ce principe, toute erreur d'enregistrement crée un déséquilibre entre débits et crédits, ce qui la rend immédiatement détectable. C'est aussi un outil de prévention de la fraude : la falsification d'une écriture sans altérer l'équilibre global est extrêmement difficile. Enfin, la partie double permet d'enregistrer des opérations futures (dettes, créances) et pas seulement des mouvements d'argent effectifs.

Vocabulaire essentiel

Définition
Écriture

Une écriture comptable est l'enregistrement d'une opération économique dans les comptes de l'organisation. Elle se compose d'une date, d'un libellé décrivant l'opération, et d'au moins deux lignes : chaque ligne associe un compte à un montant, inscrit au débit ou au crédit.

Le total des débits d'une écriture est toujours égal au total de ses crédits : c'est le principe de la partie double appliqué à chaque opération. Une écriture doit être justifiée par une pièce justificative (facture, relevé bancaire, ticket de caisse, etc.).

Définition
Compte

Un compte est un registre qui suit l'évolution d'un élément précis du patrimoine ou de l'activité de l'organisation. Son montant est modifié à chaque fois qu'il est impliqué dans une opération comptable (i.e. d'une écriture), soit au débit, soit au crédit. On dit que le compte est mouvementé (par l'écriture).

Chaque compte a un numéro et un intitulé qui précisent ce qu'il suit.

Il existe quatre grands types de comptes :

  • les comptes d'actif (ce que l'organisation possède),
  • de passif (ce qu'elle doit),
  • de charges (ce qu'elle dépense)
  • et de produits (ce qu'elle gagne).

Par exemple, le compte « Banque » (numéro 512) suit l'argent disponible sur le compte bancaire. Le compte « Fournisseurs » (numéro 401) suit les dettes envers les fournisseurs. Le compte « Ventes » (numéro 706) suit le montant des ventes réalisées.

Voir la liste des comptes
Définition
Débit

Débiter un compte, c'est enregistrer que ce compte est la destination d'un flux. Les ressources vont vers ce compte.

Exemples :

  • Actif : un client paie par virement, l'argent arrive sur le compte bancaire, on débite le compte 512 - Banques.
  • Passif : l'organisation rembourse une partie de son emprunt, le remboursement est dirigé vers la dette pour la réduire, on débite le compte 164 - Emprunt
  • Produits : un client retourne un article, l'annulation est dirigée vers le compte de ventes pour le réduire, on débite le compte 706 - Ventes.
  • Charges : l'organisation reçoit des matières premières, la charge augmente, on débite le compte 601 - Achats stockés.

Actif (ex : 512 - Banque) -

Charges (ex : 601) - .

Passif (ex : 164) - .

Produits (ex : 706) - un client retourne un article, l'annulation est dirigée vers le compte de ventes pour le réduire, on débite le compte 706 - Ventes.

Définition
Crédit

Créditer un compte, c'est enregistrer que ce compte est l'origine d'un flux. Les ressources partent de ce compte.

Exemples :

  • Actif : l'organisation paie en espèces, l'argent part de la caisse, on crédite le compte 53 - Caisse.
  • Passif : l'organisation contracte un emprunt, la dette est la source des fonds reçus, on crédite le compte 164 - Emprunt.
  • Produits : l'organisation réalise une vente, le revenu est la source de la valeur créée, on crédite le compte 706 - Ventes.
  • Charges : le fournisseur accorde un avoir, la charge est annulée, on crédite le compte 601.
Définition
Solde

Le solde d'un compte résume en un seul chiffre tout ce qui y est entré et sorti. C'est la différence entre le total de ses débits et le total de ses crédits. Si les débits sont supérieurs, le solde est débiteur. Dans le cas contraire, il est créditeur.

Sources