Film de l'activité sur une période : produits, charges et résultat
Document qui récapitule l'ensemble des produits et des charges d'un exercice. La différence entre les deux donne le résultat : bénéfice ou perte.
Alors que le bilan est une photographie à un instant donné, le compte de résultat est un film : il couvre toute la durée de l' exercice comptable. Il répond à la question : l'organisation a-t-elle gagné ou perdu de l'argent sur la période ?[1]
Le compte de résultat est construit à partir des comptes d'opérations (classes 6 et 7 du plan comptable)[2]. Les comptes de classe 6 enregistrent les charges (ce que l'on dépense), les comptes de classe 7 enregistrent les produits (ce que l'on gagne).
Le compte de résultat distingue trois catégories d'opérations, ce qui permet d'analyser finement la performance de l'organisation :
Différence entre les produits et les charges liés à l'activité courante (ventes, achats, salaires, loyer…). C'est l'indicateur principal de la performance opérationnelle.
Différence entre les produits financiers (intérêts reçus, gains de change) et les charges financières (intérêts d'emprunts, pertes de change).
Différence entre les produits et charges qui ne relèvent ni de l'exploitation ni du financier : cessions d'immobilisations, pénalités, subventions exceptionnelles.
Le résultat net est la somme de ces trois résultats, après déduction de l'impôt sur les bénéfices le cas échéant. On parle aussi de Résultat Courant Avant Impôts (RCAI), qui correspond à la somme du résultat d'exploitation et du résultat financier, avant prise en compte des éléments exceptionnels et de l'impôt. Le RCAI reflète la performance récurrente de l'entreprise.
| CHARGES | Montant | PRODUITS | Montant |
|---|---|---|---|
| Achats de marchandises | 3 000,00 | Ventes de marchandises | 25 000,00 |
| Autres achats et charges externes | 7 200,00 | Production vendue (prestations de services) | 12 000,00 |
| Charges de personnel | 28 000,00 | Subventions d'exploitation | 5 000,00 |
| Dotations aux amortissements | 1 000,00 | Reprises sur amortissements | 300,00 |
| Charges financières | 600,00 | Produits financiers | 100,00 |
| Autres charges | 2 500,00 | Production stockée | 500,00 |
| - | - | Autres produits | 3 400,00 |
| TOTAUX | 42 300,00 | TOTAUX | 46 300,00 |
Résultat = 46 300,00 - 42 300,00 = 4 000,00 euros (bénéfice)
Pour analyser plus finement la performance d'une entreprise, on calcule des indicateurs intermédiaires appelés Soldes Intermédiaires de Gestion (SIG)[4]. Chaque solde s'obtient en cascade à partir du précédent, permettant de comprendre étape par étape comment se forme le résultat :
Ventes de marchandises - Coût d'achat des marchandises vendues. Indicateur clé pour les activités de négoce.
Marge commerciale + Production - Consommations intermédiaires. Mesure la richesse créée par l'entreprise grâce à son activité.
Valeur ajoutée + Subventions d'exploitation - Impôts et taxes - Charges de personnel. Indicateur de la rentabilité opérationnelle avant amortissements et provisions.
L'EBE est un indicateur particulièrement surveillé car il reflète la capacité de l'entreprise à générer de la richesse par son activité courante, indépendamment de sa politique de financement et d'investissement.
Une erreur fréquente consiste à assimiler le résultat du compte de résultat à de l'argent gagné ou perdu. En réalité, le compte de résultat ne mesure pas des flux de trésorerie mais des flux d'enrichissement ou d'appauvrissement du patrimoine.
Une entreprise facture 50 000 euros de prestations (produits) et engage 30 000 euros de charges. Son résultat est un bénéfice de 20 000 euros.
Mais si ses clients n'ont pas encore payé leurs factures, sa trésorerie peut être négative : elle a un bénéfice comptable mais pas d'argent en banque.
C'est pourquoi on complète souvent le compte de résultat par un tableau des flux de trésorerie, qui mesure les mouvements réels d'argent.
Les capitaux propres représentent ce que l'entreprise doit à ses propriétaires. Ils comprennent plusieurs éléments :
Apports initiaux des associés ou fondateurs. Il reste généralement stable sauf augmentation ou réduction de capital.
Bénéfices des années passées qui ont été conservés dans l'entreprise (non distribués aux associés).
Résultat de l'exercice précédent en attente d'affectation (mise en réserve ou distribution).
Bénéfice ou perte de l'année en cours, tel que calculé par le compte de résultat.
Une entreprise réalise un bénéfice de 10 000 euros. Les associés décident :
Les réserves augmentent de 6 000 euros, renforçant les capitaux propres.
Le résultat du compte de résultat vient s'ajouter aux capitaux propres du bilan. C'est ce qui fait le lien entre les deux documents :
On peut aussi exprimer le résultat comme la variation du patrimoine net :
Résultat = Variation des créances - Variation des dettes
Si les créances (ce qu'on possède) ont augmenté de 5 000 euros et les dettes de 2 000 euros, le résultat est de 3 000 euros : l'entreprise s'est enrichie de la différence.
Les associations utilisent une présentation adaptée. On parle d'excédent plutôt que de bénéfice et de déficit plutôt que de perte. Certaines lignes sont spécifiques : contributions volontaires en nature, valorisation du bénévolat, emplois des contributions.
Le principe reste identique : comparer ce que l'association a reçu (cotisations, subventions, dons, produits d'activité) à ce qu'elle a dépensé pour déterminer le résultat de l'exercice.