Comptasse
v1.4.7

Le journal

Registre chronologique de toutes les écritures comptables

Définition

Définition
Journal comptable

Registre dans lequel sont inscrites, par ordre chronologique, toutes les écritures comptables de l'organisation. Chaque écriture y est enregistrée avec sa date, ses comptes mouvementés, ses montants et un libellé explicatif.

Le journal est le point d'entrée de la comptabilité[1] : c'est ici que chaque opération est enregistrée pour la première fois. Il constitue la trace originale et chronologique de l'ensemble des écritures passées au cours d'un exercice comptable.

Structure d'un journal

Chaque ligne du journal représente un mouvement comptable. Une écriture comptable comprend toujours au moins deux lignes (un débit et un crédit), conformément au principe de la partie double.

Exemple - Extrait de journal
DateCompteLibelléDébitCrédit
03/01411 - ClientsFacture n°001 - Client Dupont1 200,00-
-706 - Prestations de services--1 000,00
-4457 - TVA collectée--200,00
10/01512 - BanqueRèglement facture n°0011 200,00-
-411 - Clients--1 200,00
15/01606 - Achats de fournituresAchat papeterie150,00-
-4456 - TVA déductible--30,00
-401 - Fournisseurs--180,00

Chaque écriture est équilibrée : le total des débits est égal au total des crédits.

Les journaux auxiliaires

En pratique, pour des raisons d'organisation, les écritures ne sont pas toutes enregistrées dans un seul journal. On utilise des journaux auxiliaires spécialisés, chacun dédié à un type d'opération. Cela permet de répartir le travail et de vérifier plus facilement les opérations.

Définition
Journal des achats (HA)

Enregistre toutes les factures fournisseurs reçues. On y trouve les achats à crédit avant leur règlement.

Définition
Journal des ventes (VE)

Enregistre toutes les factures clients émises. On y trouve les ventes à crédit avant leur encaissement.

Définition
Journal de banque (BQ)

Enregistre tous les mouvements du compte bancaire : encaissements, décaissements, virements.

Définition
Journal de caisse (CA)

Enregistre tous les mouvements d'espèces : recettes et dépenses en liquide.

Définition
Journal des opérations diverses (OD)

Enregistre les opérations qui ne rentrent pas dans les autres journaux : salaires, amortissements, régularisations, écritures de clôture.

L'ensemble de ces journaux auxiliaires forme le journal général, qui centralise toutes les écritures de l'exercice. Cette organisation permet de répartir le travail de saisie et facilite les contrôles.

Le journal centralisateur

Lorsqu'une organisation utilise des journaux auxiliaires, elle doit tenir un journal centralisateur (ou livre-journal). Ce document récapitule chaque mois les totaux de chaque journal auxiliaire, créant ainsi un enregistrement unique et synthétique de toutes les opérations.

Le journal centralisateur est le document qui a valeur juridique : c'est lui qui est visé par les obligations légales. Les journaux auxiliaires en sont les documents préparatoires.

Information
Lorsqu'une opération concerne plusieurs journaux auxiliaires (par exemple, un virement de la caisse vers la banque), on utilise un compte de virements internes (classe 58) pour assurer la liaison entre les deux journaux sans créer de double enregistrement.

Le journal des À-Nouveaux

En début d'exercice, les soldes des comptes de bilan (classes 1 à 5) doivent être repris de l'exercice précédent. Cette reprise s'effectue par des écritures d'ouverture enregistrées dans un journal particulier : le journal des À-Nouveaux (AN).

Définition
Journal des À-Nouveaux

Journal spécial qui enregistre les écritures de report des soldes de l'exercice précédent vers le nouvel exercice. Il porte les soldes de tous les comptes de bilan non soldés.

Les comptes de charges et de produits (classes 6 et 7) ne sont pas reportés : ils sont remis à zéro car ils ne concernent qu'un seul exercice. Le résultat de l'exercice précédent est affecté aux reports à nouveau ou aux réserves.

Obligations légales

Le journal est un document obligatoire. Plusieurs textes encadrent sa tenue :

  • Le Code de commerce impose la tenue d'un livre-journal à toute personne ayant la qualité de commerçant[2]
  • Le Code Général des Impôts (CGI) reprend cette obligation pour les besoins fiscaux
  • Le Plan Comptable Général (PCG) définit les règles de forme du journal[3]
  • L'article R.123-173 du Code de commerce autorise la tenue du journal sur support informatique, à condition de garantir l'authenticité et l'intégrité des écritures

Le journal doit être conservé pendant 10 ans (obligation comptable) et peut être exigé en cas de contrôle fiscal, de litige commercial ou de procédure judiciaire.

Conseil
Le journal doit être tenu sans blanc ni rature. En comptabilité informatisée, les écritures validées ne peuvent pas être supprimées : toute correction se fait par une écriture de contrepassation. Cette règle d'irréversibilité garantit la fiabilité de la piste d'audit.

Sources